Toute mon enfance, j’ai été victime d’harcèlement scolaire

C’est la première fois en quinze ans que je m’exprime sur ce traumatisme de mon enfance. Pouvoir aujourd’hui, avoir l’occasion de mettre des mots sur cette torture que j’ai vécu, les différentes émotions que j’ai ressenti est un grand soulagement pour moi.

Je vous parlerai uniquement des deux harcèlements qui m’ont le plus marqué.

Toute mon enfance, j’ai été victime d’harcèlement scolaire.

Tout a commencé quand j’étais encore au cours primaire. J’étais au CM2. Il y avait un jeune garçon teint claire , un peu élancé du nom de Patrick(et oui je n’oublierai jamais son prénom), qui était dans la même classe que moi.

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Très vite je suis devenue sa cible numéro 1

Je ne sais pas comment ça s’est fait mais du jour au lendemain je me suis retrouvée prisonnière de lui. J’étais comme sa chose. Il ne me lâchait pas d’une semelle. Il était tout le temps derrière moi à me vouloir du mal physiquement, il me dérangeait tout le temps et me piquait des trucs .

C’était juste horrible. J’en étais arrivée au point de le craindre. Limite je le fuyais. Quand je le voyais de loin parfois , je courrais me cacher pour qu’il ne me remarque pas. Même scénario quand on finissait les cours, je me sauvais très vite pour qu’il ne me rattrape pas.

C’était atroce de vivre dans cette peur constante. Chaque jour, aller à l’école était devenu un enfer, un fardeau pour moi. Je n’avais aucun moyen de me débarrasser de lui si ce n’est le fuire ou l’éviter.

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Je vous vois tous déjà les yeux rivés sur vos écrans à vous demander : mais pourquoi tu ne l’as pas dénoncé à l’école ? Pourquoi tu n’as rien dit à tes parents ? Et bien, je vais vous répondre !

Par rapport à l’école, je n’osais pas aller le dénoncer car il me menaçait. Je ne pouvais pas. J’avais tellement peur de lui…

En ce qui concerne mes parents, ils m’ont banalisé, ils n’ont pas du tout donné de l’importance à mes plaintes. Les choses sont alors restées telles quelles et j’ai dû surmonter ça toute seule. Ce fût l’année la plus traumatisante de toute ma vie .

Avez-vous une idée de ce que c’est que de se sentir emprisonner et de ne pouvoir rien faire pour s’en sortir ? C’était le plus frustrant. J’ai pu laisser tout ça derrière une fois après avoir obtenu mon cep.

Pluf ! Mais quel soulagement, ouf

Arrivée au collège je me suis dit que j’en avais fini et que tout ça n’était plus qu’une mauvaise aventure. Mais en fait NON. Je me suis réjouie un peu trop vite.

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Pour une deuxième fois, j’étais encore la cible de quelqu’un d’autre et cette fois-ci c’était une fille. Jamais un sans deux comme on le dit ! Elle se nommait Fedes(je n’ai pas non plus oublié son nom) . Son cas à elle était le pire. Elle m’a malmené mais comme jamais .

Je sortais des cours les larmes aux yeux de peur qu’elle me fasse encore la misère. Des fois à la sortie du collège, pour rentrer, soit je marchais soit je me prenais un zem(un zem c’est comme un taxi-moto qui nous aide pour nos divers déplacements en échange d’argent). Je me rappelle encore de ces scènes comme si c’était hier.

J’appellais plus de 6 zems le même jour. Elle leur disait à tous sans exception de ne pas me prendre, que je ne voulais pas prendre de zem et leur demandait de s’en aller . Mais qu’est-ce que j’en ai bavé avec celle-là. Pourtant je ne lui ai jamais rien fait.

Tellement je n’en pouvais plus cette fois-ci, j’étais à bout. Je décide encore pour une deuxième fois d’en parler aux parents en gardant dans un coin de ma tête qu’il se peut qu’ils ne réagissent pas comme la première fois. Mais grande fût ma surprise quand ils m’ont cru et ont décidé d’agir.

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Il a fallu qu’ils interviennent pour qu’elle me lâche enfin une bonne fois pour toute. Jusqu’à l’heure où je vous écris les lignes de cet article, je n’ai jamais compris pourquoi j’étais une proie facile pour ce genre d’individus.

J’avoue, j’étais plutôt une fille très timide, assez réservée et renfermée sur elle-même, qui ne parlait presque pas et qui était toujours dans son coin. C’était peut-être pour ça.

Ce qui a été le plus dur , c’est d’avoir eu à surmonter cela toute seule. Des séquelles psychologiques, j’en ai gardé jusqu’à aujourd’hui et cela interfère dans ma vie sociale comme privée.

Je déteste qu’on me dérange, qu’on m’envahisse, qu’on me colle, ou qu’on soit très insistant avec moi, parce que quand c’est comme ça j’ai l’impression de revivre mon enfance(et ça c’est juste pas possible).

Quand je tombe sur des petits amis très câlins par exemple, qui aiment tout le temps le contact, les taquineries, moi ça m’insupporte du plus profond de mon être. Du coup, même si c’est un mec bien , je préfère mettre fin à la relation. Car mon tout premier harceleur était vraiment physique avec moi.

Les gens ne comprennent pas toujours et trouvent que je sois comme ça. Mais bon qu’est-ce que j’y peux ? Je donnerai tout pour ne pas revivre ces périodes de mon enfance.

L’harcèlement scolaire est réel.

L’harcèlement scolaire est réel, ce que j’ai vécu est réel. C’est un vrai problème qui doit être plus sérieusement pris en compte. Car certains enfants ou adolescents/es préfèrent se donner la mort quand ça devient trop dure à gérer pour eux. Tous n’ont pas un mental d’acier pour y faire face.

Et non seulement ça, cela a de graves répercussions sur le rendement scolaire de ces derniers.

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Alors, chers parents, chers éducateurs, chers instituteurs, chers frères, chères sœurs, chers amis/es, l’harcèlement scolaire est belle et bien réel. J’en suis une preuve palpable. Quand vous obtenez des cas de plaintes, ne les négligez surtout pas et faites ce qu’il faut.

Les parents, soyez beaucoup plus à l’écoute, attentive et virgilents avec vos enfants. N’hésitez pas à employer les grands moyens pour défendre et sauver votre enfant coûte que coûte.

Car subir un harcèlement est la chose la plus horrible pour un être humain encore moins pour un enfant. C’est un vrai calvaire que vivent les victimes au quotidien. Même si moi je n’y ai pas laisser ma vie, quinze plus tard j’en paye toujours les conséquences.

Et vous ? Vous en avez déjà été victime ou l’un/e de vos proches l’a t-il/elle déjà été ? Comment avez-vous gérez la situation ?

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4 réflexions sur “Toute mon enfance, j’ai été victime d’harcèlement scolaire

  1. Wahoooo… Des expériences comme celles là traumatisent et laissent des séquelles dans notre vie. Mais il faut vraiment travailler à les surmonter, parce que parfois on ne se rend pas compte qu’on fait payer d’autres pour nos douleurs du passé.
    Que le Seigneur te fortifie ma chère.

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  2. Déjà je te félicite pour ton courage, il en faut une bonne dose pour pouvoir reconnaître ses faiblesses et en parler ouvertement de la sorte. La vie n’est pas toujours facile et apprendre à fermer certaines pages est très important. Merci pour ce partage et force à toi. Et à tout ceux qui ont des peurs paralysantes au surtout les filles ou femmes ne vous laissez pas faire 🙂

    Aimé par 1 personne

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